Par Thierry François, Professeur de Mouvement et Praticien du travail Corporel à Lyon et à Aix-en-Provence
La pratique du Mouvement Rosen s'est installée doucement sur mon chemin, sans efforts ni
entraves, avec la simplicité qui caractérise toute la Méthode Rosen en général.
Le temps (période d'activité peu chargée) et l'espace (local Synergie, lieu d'enseignement à Crest) se
sont ouverts autour de moi pour me permettre d'accueillir cette pratique et peu à peu, de l'intégrer.
L'impulsion profonde de cet élan est porté par deux moteurs. Le premier, intérieur, est alimenté en
énergie par l'enthousiasme et la gratitude dans le cœur. Le second, extérieur, vibre grâce au soutien
humain qui s'est formé spontanément dans cet apprentissage : avec l'émulation d'un groupe de
stagiaires de même niveau qui s'est retrouvé régulièrement pour la pratique et avec l'adhésion
généreuse d'un autre groupe qui donne forme à notre première classe de Mouvement.
Peu à peu, la conviction profonde d'avoir découvert un outil merveilleux laissant briller la Lumière
intérieure s'est installée. Car, dans son essence, le Mouvement Rosen met en jeu davantage que la
simple dimension physique (celle du corps) mais c'est toute ma conscience qui s'ébranle :
• par l'ouverture de la posture, qui engendre un meilleur état réceptif, afin d'accomplir, créer
des mouvements en harmonie avec l'Univers,
• par le contact avec la Joie profonde de mon enfant intérieur qui jaillit,
• par la capacité à me laisser surprendre dans l'instant, confiant dans l'Intelligence universelle
et son organisation,
• par l'aptitude à rester en contact avec mon axe malgré les perturbations de l'existence, et
malgré l'expression de ma sensibilité, des pensées qui défilent, etc..
La pratique régulière du Mouvement Rosen permet de prendre soin de mon jardin intérieur. Et telle
la culture soignée de ce jardin, qui fait éclore chaque fleur dans l'ordre naturel des choses, la
pratique du Mouvement Rosen n'engendre pas tous ses fruits en même temps.
Pour certains fruits, j'ai une idée assez claire aujourd'hui mais l'expérience est encore incomplète à
l'image d'une culture de plantes en développement mais non parvenues à maturité : ainsi, par
exemple, la recherche de mon propre rythme reste encore à approfondir.
Le domaine le plus difficile pour moi est la capacité à maintenir une écoute profonde dirigée vers
l'extérieur, dans le cercle, alors même que je suis en mouvement. J'observe que cette qualité de
présence se produit lorsque la sensation de « Je suis l'auteur des mouvements » disparaît au profit
d'une sensation mystérieuse d'être animé, bougé, respiré par l'Univers en entier. Écrire ces mots me
touche profondément à l'instant et je suis obligé de suspendre mon action pour laisser passer une
émotion que je qualifierais d'ordre spirituel...
Le travail avec la Musique est vraiment gage d'ouverture. J'ai du explorer des styles musicaux
auxquels je n'étais pas habitué, et j'ai découvert des horizons musicaux nouveaux qui m'ont apporté
un regain de vitalité.
J'ai ainsi pu mettre en évidence que les a-priori de mon mental étaient des obstacles et apportaient
beaucoup de limites à ma richesse potentielle pendant des années. A mesure que je m'ouvrais à un
nouveau style musical (en particulier la pop musique, la musique africaine, la musique classique),
des cœurs partageaient avec le mien une ou des œuvres qu'ils aimaient, ce qui me faisait à mon tour
vibrer de manière douce, agréable et joyeuse.
Un autre aspect délicat du travail avec la musique est de discerner avec justesse le morceau qui va
convenir pour telle séquence du cours (travail de patience souvent infructueux lorsqu'on s'y attelle
avec volonté mais plein de surprises !).
Ainsi j'ai pu mettre en évidence que ce n'est pas tant de découvrir l’œuvre merveilleuse qui va me
transporter et cependant m'empêcher d'être présent à moi-même. Au contraire, le fait de bien
ressentir son rythme, son (ses) mouvement(s) intérieur(s), sa structure, me permettra d'utiliser la
composition musicale qui sera le mieux adaptée à la séquence et aux élèves.
Il s'agit donc d'être en capacité de choisir une œuvre que j'aime avec détachement pour qu'elle
puisse se mettre au service de tous. La ressentir pleinement pour que le mouvement amène de la
vitalité chez tous les élèves et dans tout le corps.
Mon expérience de praticien en travail corporel me donne confiance dans la capacité à accueillir et
contenir les émotions éventuelles qui peuvent surgir pendant une séquence de Mouvement Rosen.
Enfin, expérimenter le fait de recevoir et d'offrir en même temps constitue également une grande
richesse supplémentaire de ce travail.
Je souhaite terminer ce bilan par l'expression de ma gratitude envers l'Univers, envers Aurelia, enseignante de Mouvement Rosen, et envers tous les êtres que j'ai rencontrés sur ce chemin. Puisse-je à mon tour honorer la Vie en rayonnant cette richesse révélée !!
Thierry François